Enrico Tamberlick (1820–1889)
Historique Familial & Hommages de la Presse Européenne
I. Historique de la Famille Tamberlick
Extrait d'un carnet de Tante Marie Galezowska, petite-fille du ténor Enrico Tamberlick
Du côté de ma Mère (Augusta)
Origines et faits d'armes
Le nom de TAMBERLICK était, paraît-il, d'origine dalmate (il s'écrivait quelquefois avec un H à la fin au lieu d'un K). Toute la famille était pourtant établie à Rome depuis des générations et toujours au service des Papes, comme des lettres et parchemins qui se trouvent aux archives du Vatican le prouvent.
Le père de mon grand-père, Raffaele TAMBERLICK, était marié à Margherita DANIELI (Donna Ghita, comme l'appelait son mari). Raffaele, officier dans les armées pontificales, était pendant les guerres de Napoléon Capitaine au 7e régiment de Ligne. Il se trouvait à toutes les rencontres avec l'ennemi et spécialement en Espagne en 1812 au siège de Valence contre le Général Blake. En 1813, étant assiégé dans la forteresse de Tarragone par Lord Murray, il eut l'honneur de commander une sortie du fort Olivo contre les Anglais. Dans le second assaut de cette forteresse en août 1813, il se trouve presque toujours à l'avant dans la forteresse Royale exposée aux assauts continuels des Anglais. Comme dans toutes les autres circonstances, il se conduisit avec prudence, courage et mérita les compliments de ses supérieurs (Signé : Matteo Picchy, Nobile di Sabina). Ceci se passait sept ans avant la naissance de mon grand-père (Enrico) qui eut lieu le 9 mars 1820.
Les enfants de Raffaele Tamberlick et Margherita Danieli
- ENRICO : mon grand-père (1820–1889)
- ACHILLE : pas marié
- GIUSEPPE : officier mort jeune
- AMALIA : mariée à un artiste BERTOLINI
- EMILIA : mariée au docteur MAZZOTTI
- ROSE-ADÉLAÏDE : pas mariée
Nous avons un grand portrait à l'huile de Margherita Tamberlick, une aquarelle portrait de Raffaele Tamberlick en uniforme d'officier, une miniature de Margherita Tamberlick jeune en costume d'Empire, une miniature de Rose-Adélaïde.
Parcours d'Enrico Tamberlick
Élève au Monastère de Montefiascone et destiné à la carrière ecclésiastique, il quitte le Monastère avant d'avoir pris aucun degré et se sauva à Naples car il craignait son Père. Ayant une voix exceptionnelle, après quelques études il débute à Naples sous le nom de sa mère [Danieli]. Il eut un tel succès que le lendemain le Directeur du Théâtre déchira son contrat et lui en offrit un avec des cachets beaucoup plus élevés. Après un succès extraordinaire, il obtint le pardon de son Père, et c'est sous son véritable nom qu'il fit une carrière magnifique.
De sa carrière fabuleuse, nous avons ses nombreux engagements, sa correspondance avec beaucoup de personnalités politiques et artistiques : correspondance avec Verdi, Rossini, Berlioz (lettre sur Les Troyens qui est à la Bibliothèque du Conservatoire), ses décorations, etc.
Il mourut pieusement chez mes parents (Xavier et Augusta) au 103 Boulevard Haussmann où il habitait les dernières années de sa vie [en mars 1889].
Ma Grand-Mère Francesca BALLERANO était de Naples. Elle était morte dans une villa louée par mes Parents (Xavier et Augusta) à Saint-Germain en 1884.
Mes Grands-Parents avaient eu deux enfants : ma Mère (Augusta) et dix ans plus tard un garçon, RAPHAËL-ALFRED, qui, quoique ayant une très belle voix de baryton, ne s'en servait que pour chanter dans des concerts de charité. Il avait épousé Mademoiselle Abbadie, fille d'un docteur de L'Isle-Adam. Il avait eu un fils, HENRI, caporal dans l'Infanterie de Marine, disparu dans les premiers combats (1914) en Belgique et décoré de la Croix de Guerre.
Descendance des sœurs d'Enrico
- Amalia BERTOLINI avait eu trois fils et une fille, tous morts à présent (1938) : Giulio (marié à une Portugaise, Mlle Podesta, père d'une fille appelée Mimi), Cesare, Augusto (célibataire), et la fille Emma mariée au Docteur Simonetti (cinq enfants : Gigi, peintre de talent mort jeune, Carlo, un troisième dans l'administration à Aoste, et Teresa mariée à un cousin Simonetti, mère d'une fille Pierina).
- Emilia MAZZOTTI avait eu deux enfants, dont une fille Virginia mariée à Pio Ruspanti (neuf enfants : Agnès Mme Viola au 25 Via Firenze à Rome, Luigi Ruspanti mort en 1938 dont le fils Remo Ruspanti est avocat à Gênes, Pippo à Gênes, Laura mariée à un avocat à Rome, Eleonora, Vittorina, Beatrice et Guido).
II. Hommages de la Presse Européenne à Enrico Tamberlick
1. « Il Trovatore » (17 novembre 1870) — Succès à Saint-Pétersbourg
« Tamberlick a chanté "Manrico" dans un pur et grand style qui perpétue la tradition des vrais maîtres. Loin d'avoir perdu ses moyens vocaux, il a gardé ses splendides effets sonores, et a acquis la possibilité d'obscurcir délicatement son ton, et la possibilité de chanter mezza voce, qu'il n'avait pas au début de sa carrière. Débutant avec la sérénade du premier acte, il a déclenché une salve de bravos et il a dû apparaître sur le devant de la scène pour remercier des applaudissements. À la fin du troisième acte, les membres de l'orchestre se sont levés pour l'applaudir avec le public. »
Le Journal de Saint-Pétersbourg du 3 novembre écrivait : « La performance de Guglielmo Tell était splendide. Nous ne croyons pas avoir entendu autant d'applaudissements dans d'autres théâtres. Le succès de Tamberlick a été un triomphe. »
2. « Il Teatro Illustrato » (N° 100, Anno IX, Avril 1889) — Hommage posthume
« Le célèbre ténor Enrico Tamberlick est mort à Paris. Enrico Panofka a écrit dans son livre classique Voci e Cantanti : "Ah ! Tamberlick est le premier ténor moderne qui donne envie de le voir. Cet artiste est sublime par sa passion et son expression. Dans certains cas, sa façon de chanter entraîne la perfection et l'enthousiasme des auditeurs et les porte en transe. C'est pour nous la plus noble manifestation de l'art vocal, le modèle le plus parfait du ténor di forza... Otello, Poliuto, et Giovanni di Leyda du Prophète. »
Né à Rome, il étudia la théologie au séminaire de Montefiascone. Il commença sa carrière à Naples et son dernier grand rôle fut Le Roi de Lahore. Il a eu un succès prodigieux dans Guglielmo Tell, Les Huguenots, Robert le Diable, Poliuto, Don Giovanni et Rigoletto. Il a chanté à Naples, Lisbonne, en Espagne, à Londres, Saint-Pétersbourg, aux États-Unis, La Havane, Mexico et en Argentine. À Saint-Pétersbourg, le tsar Nicolas l'appelait "Citoyen" en faisant allusion à son esprit libéral. Il fut l'ami de Giuseppe Mazzini, Ledru-Rollin, Martin Bernard, Lamartine, Louis Blanc, Victor Hugo, Castelar et Pyat. Avec tous les journaux européens nous pleurons ce décès. »
