Les Galezowski
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1683 – 2005 · 13 min de lecture

Histoire, généalogie et discours

Alain Galezowski · Dr Xavier Galezowski

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Histoire, Généalogie et Discours de la Famille Galezowski (1683–2005)

Document consolidé réunissant le discours d'Alain Galezowski à l'École Polonaise (23 juin 2005), les notices généalogiques et le discours intégral du Dr Xavier Galezowski pour la fête du 18 octobre 1905.

I. Discours d'Alain Galezowski à l'École Polonaise & Généalogie Complète (1683–2005)

Cérémonie en l'honneur des Galezowski à l'École Polonaise (23 juin 2005)

Par Alain Galezowski (34, avenue des Ternes, 75017 Paris)

Je tiens tout d'abord à remercier le professeur Jerzy Pielaszek, Directeur du Centre de l'Académie Polonaise des Sciences à Paris, d'avoir organisé cette réunion en l'honneur de la famille Galezowski.

Je remercie également le Docteur Pierre Konopka, Président de l'Association des Médecins d'Origine Polonaise en France, ainsi que Madame Iwona Pugacewicz, Directrice de l'École Polonaise.

D'après les documents et les souvenirs de ma tante Marie Galezowska, la sœur de mon père, la famille Galezowski remonte à 1683, où sous le règne de Jean III Sobieski, roi de Pologne, un de nos ancêtres [Jean / Jan Galezowski] a participé à la défense de Vienne contre les Turcs. C'est à cette occasion que les armes de la famille, « Tarnawa », lui ont été décernées (j'ai appelé « Tarnawa » ma maison de campagne, à côté de Paris).

Tarnawa : armoiries et notice de l'armorial polonais · voir l'original

Au milieu du XVIIIe siècle, on trouve la trace de : Xavier Galezowski, Mathieu (Maciej) Galezowski, Antoine Galezowski, Jean Galezowski.

1. Jean GALEZOWSKI

Le père de mon arrière-grand-père, Jean Galezowski, a eu deux fils : Severyn (né le 25 janvier 1801 à Knizza-Krynica en Ukraine, mort le 31 mars 1878 à Paris), dont le Docteur Konopka vous a entretenu il y a quelques instants, et mon arrière-grand-père, François Galezowski (né en 1810 à Strutynka, décédé en 1860).

2. Severyn GALEZOWSKI (1801–1878)

[Complété d'après Famille G Généalogie.doc]

Frère de François, né le 25 janvier 1801 à Knizza-Krynica (Ukraine), décédé le 31 mars 1878 à Paris. Médecin. Études de médecine à l'université de Wilna ; adjoint au professeur Pelikan à cette université dès 1828. A participé à l'insurrection contre les Russes de 1831, y a soigné des blessés. Après la défaite de l'insurrection, a quitté la Pologne pour Berlin. Il arrive à Paris en 1833, après avoir été poursuivi par des agents du tsar. En 1834, il va au Mexique. Il y devint un médecin célèbre, notamment en soignant la population pauvre indienne. Il fut professeur à l'université de Mexico-City. Il a été au Brésil où il fut médecin de la cour de l'empereur du Brésil. En 1848, il revint en France, à Paris. Il fut très actif parmi la colonie polonaise, notamment pour les étudiants polonais. Il a sauvé l'École polonaise des Batignolles du déclin. Il s'y est consacré entièrement, abandonnant la médecine. Il a été Président du Conseil d'administration de 1854 à sa mort. Il a écrit de nombreux livres de médecine en allemand.

3. François GALEZOWSKI (1810–1860) et Balbina SZOKALSKA (1812–1882)

Il avait épousé Balbina Szokalska (1812 – 4 mai 1882) ; il était avocat et habitait une petite maison de campagne à Strutynka en Ukraine (la famille avait été transplantée au XVIIe siècle du palatinat de Lublin en Ukraine). Ils eurent quatre enfants : Léontine, Victoire, Xavier et Joseph.

  • Léontine (dite Léonia ou Licia) GALEZOWSKA : épouse le Docteur Waclaw Gorski, médecin habitant Odessa. Ils eurent un fils, Henri Gorski, qui fit ses études d'ingénieur à Saint-Pétersbourg puis à l'École Centrale à Paris, vécut à Seraing en Belgique comme ingénieur aux usines Cockerill, et épousa Marie Pastor (fille d'un ancien directeur des usines Cockerill). Ils eurent deux enfants : Henri Gorski (ingénieur en Belgique, époux de Germaine Crets, sans enfant ; ils venaient chaque année passer quelques jours à Versailles chez Tante Marie) et Jane Gorski (célibataire).
  • Victoire (Wiktoria) GALEZOWSKA : épousa M. Nowinski et vécut dans la propriété de son mari. Ils eurent trois enfants : Joseph Nowinski (ingénieur à Odessa, célibataire), Romuald Nowinski (ingénieur) et Maria Nowinska (qui épousa le Dr Lewandowski et eut trois filles).
  • Joseph GALEZOWSKI (7 avril 1833 / 7 juin 1834 à Lipowice – 18 mars 1916 à Paris) : après de brillantes études au lycée de Niemirow, il entre en 1853 à l'Académie militaire de Saint-Pétersbourg comme élève officier, en sort avec une médaille d'or, inscrit au tableau d'honneur (plus tard un Grand-Duc fera rayer du tableau le nom de ce « révolutionnaire »), devient professeur de balistique/histoire et d'astronomie à 27 ans avec le grade de Colonel. Venu à Paris en 1861 pour étudier la science militaire, il rejoint Varsovie lors de l'insurrection polonaise de 1863, devient proche collaborateur de Romuald Traugutt et Ministre de la Guerre du Gouvernement National insurgé, transformant les partisans en armée. Arrêté en mars 1864 après l'échec de l'insurrection, il s'évade et rejoint Paris déguisé en chauffeur de train, sa tête ayant été mise à prix. Il épouse Amélia Karpinska (1847–1908), très active pendant l'insurrection. Entré au Crédit Foncier de France en 1865 où il fut Chef de Division, il organisa une Légion polonaise pendant la guerre de 1870, fut Directeur de l'École Polonaise des Batignolles, Président et Directeur du Musée National Polonais à Rapperswil (près de Zurich, après le décès de M. Plater), et Officier de la Légion d'honneur. Il eut une fille, Wicia Galezowska, élevée en France, qui épousa l'ingénieur Jean Lipkowski. Il meurt à Paris le 18 mars 1916.
  • Xavier GALEZOWSKI (5 janvier 1832 à Lipowice – 22 mars 1907 à Paris) :

Après de brillantes études, il obtient le diplôme de Docteur en Médecine à Saint-Pétersbourg le 27 septembre 1858. Le sujet de sa thèse, une étude sur l'ophtalmoscope, lui valut une médaille d'or ; il devint le médecin du prince Constantin.

En 1858, il part pour Paris, où il travaille à la clinique du docteur Desmarres pour se spécialiser en ophtalmologie.

En 1863, au moment de l'Insurrection Polonaise, il a été présenté par son oncle Severyn à l'Empereur Napoléon III qui s'intéressait beaucoup à la question polonaise. Comme il y avait des malentendus entre deux principaux généraux polonais, l'Empereur, d'accord avec les chefs polonais résidant en France, demanda à Xavier Galezowski de porter un message secret, pressant les généraux de ne pas compromettre le sort de la Pologne par des querelles personnelles. Cette mission fut parfaitement remplie, au péril de sa vie.

Il obtient le diplôme de Docteur en Médecine à Paris (27 décembre 1865 / 20 mars 1867, signé par Victor Duruy) et ouvre sa clinique le 6 mars 1866.

Pendant la guerre de 1870, il est chirurgien-major au 53e bataillon de la Garde Nationale (Gardes Nationaux-Sauveteurs), puis médecin de l'Ambulance de l'église Saint-Gervais. Il obtient la nationalité française le 15 novembre 1870 et est décoré Chevalier de la Légion d'honneur le 3 octobre 1872 (puis Officier de la Légion d'honneur le 7 septembre 1885).

L'ambulance de l'église Saint-Gervais, imprimé de 1870-1871 · voir l'original

Le 3 octobre 1872, il épouse Mlle Augusta Tamberlick (née en Espagne en 1849, décédée en 1918), fille du grand ténor italien Enrico Tamberlick. Elle avait perdu la vue et son père, désespéré, avait fait appel au docteur Xavier Galezowski qui, après lui avoir rendu la vue, l'a épousée, et ce fut un ménage merveilleusement uni.

Décorations et distinctions : Officier de la Légion d'honneur (1885), Commandeur de l'Ordre Royal du Portugal (décembre 1888), Commandeur de l'Ordre Royal d'Isabelle la Catholique (16 février 1877), de l'Ordre de Pie IX, de l'Ordre du Libertador du Venezuela, Chevalier de l'Ordre espagnol de Carlos III (2 janvier 1870), Grand Cordon du Lion et du Soleil remis par le Shah de Perse. En 1897, la municipalité de Trouville donna de son vivant son nom à la « Rue du Docteur Xavier Galezowski ».

Diplôme de l'ordre de Charles III d'Espagne · voir l'original

4. Le Voyage en Perse (Mars – Juillet 1894)

Grâce au Général Nazare-Aga, il entra en relation épistolaire avec Zellé-Soltan, fils du Shah de Perse, qui souffrait d'une grave affection oculaire à Ispahan. Munis d'un passeport diplomatique, Xavier, Augusta, Wanda, Henri, Jean et Marie partent par l'Orient-Express le 25 mars 1894 (Vienne, Constantinople le 31 mars, traversée de la mer Noire jusqu'à Odessa et Sébastopol où Wanda, Jean et Marie repartent pour Paris ; puis Batoum, Bakou, traversée de la mer Caspienne jusqu'à Rescht, 8 jours de caravane jusqu'à Téhéran où ils sont reçus par le Shah, et 13 jours jusqu'à Ispahan où il guérit Zellé-Soltan en quinze jours, crée une faculté de médecine ophtalmique et soigne 2 800 malades). Retour à Paris fin juillet 1894. En octobre 1901, il effectue également un voyage au Mexique et aux États-Unis. Il meurt le 22 mars 1907 à Paris et repose au Père-Lachaise avec Augusta, Henri, Jean, Hedwige et Marie.

5. Les cinq enfants de Xavier et Augusta Galezowski

  • Wanda (née en 1874) : épouse Ardachir Nazare-Aga, fils du Ministre de Perse à Paris. Leur fils Djibraïl eut cinq enfants : Michel (en religion), Monique (Mme Girardot), Guy, Alain (expert à Drouot, décédé en 1998) et Wanda (Mme de Lestapis, château de Lacq).
  • Henri (1875–1938) : avocat, mobilisé au 31e Territorial d'Infanterie en 1914-1918, sans enfant.
  • Jean (17 mai 1877 – 6 mars 1937) : ophtalmologiste, reprend la clinique de son père Place du Pont-Neuf. Médecin-major pendant la Grande Guerre (Légion d'honneur à titre militaire), nommé à l'hôpital de Deauville où il rencontre l'infirmière bénévole Odette Levylier (7 janvier 1893 – déportée et assassinée à Auschwitz en novembre 1943), qu'il épouse le 1er août 1918. Trois enfants :
  • Wanda (Mrs Bob Ramsey, 1919–2001).
  • Iza (Mrs Bob Warner, née en 1922), vit à Washington avec ses deux filles et ses trois petits-enfants.
  • Alain (né en 1925), marié en premières noces à Martine, dont il a eu deux fils, puis, après leur divorce, à Anne de Gaulejac (« Nanou »). Ses fils : Patrick (époux d'Anne-Caroline ; trois enfants : Arnaud, Eugénie et Thomas) et Nicolas (médecin interniste et néphrologue, époux de Marie-Françoise, dermatologue ; trois enfants : Delphine, Xavier et Agnès).
  • Marie (« Tante Marie », 1880–1965) : artiste peintre, habitait Versailles, célibataire, mémoire vivante de la famille.
  • Hedwige (née en 1882) : disparue à l'âge de six ans.

6. Autres parents mentionnés

Dans les documents numérisés (Gallica) · L'Univers israélite, 30 juin 1916 : le prix Levylier, fondé par Roger Lévylier en mémoire de son fils Paul · L'Univers israélite, 27 octobre 1922 : mariage de Jacqueline Lévylier et du docteur Alexandre Bruno · L'Univers israélite, 25 mai 1928 : nécrologie du commandant Roger Lévylier

  • Joseph Galezowski (1877–1963) : architecte né près de Varsovie, professeur aux Beaux-Arts de Varsovie et Cracovie et à Polytechnique.

Général Schokalsky : cousin de Balbina Galezowska (sa mère était née baronne Kern), officier de marine puis vice-président de la Société de Géographie de Saint-Pétersbourg, père d'une fille, Zina.

II. Texte intégral du Dr Xavier Galezowski pour la fête du 18 octobre 1905

Discours pour la fête du 18 octobre 1905

(Anniversaire de son mariage avec Augusta Tamberlick — Parties 1 et 2 réunies)

1° Introduction et vœux

Mes chers enfants, ma chère Augusta, mes amis,

En vous réunissant ici le jour de notre fête intime en souvenir de l'anniversaire de notre mariage, je voulais vous communiquer quelques-unes de mes idées, qui courent dans mon esprit. Je les ai recueillies dans mes souvenirs du passé, rédigés par-ci par-là, tantôt dans mes impressions de voyage, tantôt dans mes anciennes notes et manuscrits que je passe en revue quelquefois.

2° Souvenirs et conversations

Regardez, voici ce que je trouve recueilli : une lettre de faire-part de mon mariage ; ailleurs, ce sont des notices sur mes conversations avec ma mère Balbina dans les derniers jours de sa vie. Mes causeries intimes avec Papa et Maman d'Augusta. Je ne lirai, ici, que quelques phrases, quelques idées en retrace et c'est bien assez pour vous initier aux péripéties de ma vie et à celles de ma chère Augusta. Les uns et les autres de ces faits seront, j'en suis convaincu, attrayants et utiles à connaître comme je les ressens moi-même.

3° Principes de famille et patrie

Vous nous voyez ici devant vous réunis, gais, souriants et pleins de bonheur. Car en pensant à vous tous, nous trouvons au fond de nos pensées nos êtres bien chers, Wanda et son mari, notre chère Marie, Henry et Jean, que nous avons créés, nourris, élevés, et formés en hommes et femmes. Bien plus, disons tout de suite : si votre nouvelle génération a pu surgir au milieu de nous, c'est le grand, le vrai mérite à toi, ma chère Augusta. Tu leur as su donner du caractère, du goût, du cœur, et du sentiment. Nous avons cherché toujours tous les deux, toi chère Augusta et moi, à leur inspirer des idées de famille, de Dieu et de Patrie.

Je vous répète toujours, mes chers enfants, ces principes. N'oubliez pas que vous appartenez à notre famille qui vous aime, et à plusieurs patries qui comptent sur vous : à la France, à la Pologne, à l'Italie, et aujourd'hui à la Perse.

Oui, mes chers enfants Henry et Jean, ces paroles de patriotisme pour l'avenir. Je ne parle pas de Wanda ici car, avec Ardachir, vous dirigez bien votre barque et je dois vous en féliciter.

Mais vous trois qui êtes encore sous nos guides, quelques conseils amicaux et patriotiques que je vous adresse : travaillez et préparez votre avenir, nous vous y aiderons. Mais n'oubliez pas que vous avez encore beaucoup de devoirs à remplir, comme membres de notre famille, et de la patrie française aussi bien que fils de ma patrie polonaise. Aujourd'hui, elle est opprimée par des vainqueurs allemands et russes qui persécutent même notre langue et notre religion. Mais qui sait ? Un jour viendra où nos oppresseurs auront leur punition, comme les Russes actuellement ! Ils seront battus et punis par les peuples qui défendront les lois de la justice. Et vous, mes chers enfants, vous saurez partout et toujours défendre les intérêts de la Pologne, en invoquant les droits sacrés de la patrie. Vous avez ces sentiments de dévouement que votre mère vous a appris.

4° Hommage à Augusta

Et puisque c'est à elle que vous devez tout cela, je tiens à vous raconter quelques traits plus poignants et plus intéressants et saisissants de sa vie pour que vous en connaissiez tout. Vous ne la connaîtrez jamais aussi bien que moi, car il y a chez elle de l'inconnu, chez elle, cette femme de génie que j'ai trouvée sur ma route et à laquelle je me suis dévoué corps et âme. C'est vraiment un être prédestiné, plein de cœur et d'esprit. Tout ce que je trouve en elle, je l'admire. J'admire les circonstances dans lesquelles je l'ai connue, quoique ce fût une maladie des yeux qui m'ait fait la connaître.

5° La rencontre et le destin

Mais regardez quels événements, quelles circonstances préparèrent ce rapprochement... C'est quelque chose de vraiment providentiel qui me pousse de longue date vers la famille de Tamberlick. Tout le temps que je faisais mes études à Saint-Pétersbourg où j'avais le travail rude à faire pour finir comme premier élève avec médaille d'or, je ne perdais pas mon temps et la seule distraction que je me permettais, c'était de ramasser quelques sous de ma pension journalière pour aller entendre et admirer cet artiste de génie, le Père Tamberlick, dont l'âme et le cœur contenaient son admirable voix. J'avais quelquefois à peine de quoi manger, mais je ne manquais presque jamais d'aller entendre Otello, Tannhäuser, ne prévoyant nullement qu'un jour viendrait où j'irais lui demander la main de sa fille.

6° La guérison et le mariage

Italienne, née à Barcelone, arrivée à Paris avec ses parents, votre mère tombe malade des yeux. Le Bon Dieu veut que ce soit moi, Polonais, qui arrive à Paris, après avoir dédaigné la carrière brillante auprès du Grand-Duc Constantin à Varsovie, pour me consacrer à l'étude de cette belle science ophtalmique à Paris, près de mon vénéré Maître Desmarres, pour comprendre mieux la maladie de ma future femme Augusta.

Appelé auprès de toi, ma chère amie, quand tous les autres spécialistes n'ont pas compris, pour te soigner et te guérir, car je compris ton âme et ton cœur. Nous nous sommes unis en 1872, et toute ma vie j'ai cherché à approfondir ton esprit. Ai-je réussi ? C'est Maman elle-même qui vous le dira, mes chers enfants. Ce que je sais, c'est que je n'ai jamais perdu l'occasion pour te prouver que je t'aime et je cherche toujours à créer ton bonheur, à Paris comme dans mes voyages.

7° Les voyages et le bonheur partagé

Nous voyagions beaucoup et ensemble. En Perse, grâce à notre éminent Nazare-Aga à qui j'envoie aujourd'hui mon souvenir affectueux. En Pologne, à Cracovie, grâce à notre éminent Comte Tarnowski où j'étais appelé même au Professorat. À Mexico, avec le bienveillant concours de mes amis Chaux et Ramos ; à New York, à Pétersbourg, à Varsovie. Nous avons toujours été accompagnés de vous autres, mes chers enfants, Wanda, Jean ou Henry et Marie. Car vous nous étiez nécessaires toujours pour notre bonheur. Et puis notre bonheur ne serait pas complet si vous n'étiez pas là.

Maintenant, ma chère Augusta, comme un dernier appel de mon cœur, à toi que j'aime toujours, crois-moi. Si les forces me manquent quelquefois, le cœur et l'âme sont toujours les mêmes, vifs et palpitants, car ils sont entretenus par ton dévouement pour nous tous. Tu es comme toujours, bonne, généreuse pour celui qui t'a trouvée et choisie comme compagne de ma vie qui soutient mes forces et nourrit mon cœur.

Je bois donc en ton honneur, je lève mon verre en ton honneur, et en l'honneur de la jeune génération. Je prie le Bon Dieu qu'il nous donne la santé encore pour de longues années, afin que nous puissions admirer cette jeune génération, ces enfants chéris, qui, j'espère, me comprendront, que notre grand bonheur, c'est leur succès dans la vie. À ta santé donc, ma chère Augusta, et à la santé de notre jeune génération, et à la santé de vous tous qui nous donnez des preuves constantes d'amitié.